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Afghanistan: stratégie de Trump

Lundi 21 Août, le président Donald Trump a fait un discours sur la stratégie que les États-Unis devraient adopter concernant l’Afghanistan pour les prochains mois et années à venir.

En effet, les gendarmes du monde souhaitent renforcer leurs effectifs sur le terrain car les terroristes de Daesh, Al-Qaida et Taliban contrôleraient à ce jour 40% de l’Afghanistan. À l’heure actuelle, les troupes États-uniennes représentent quelque 8000 hommes (contre 100 000 au plus fort de la guerre) qui sont chargés de sécuriser le territoire et de former les troupes militaires afghanes. Donald Trump n’a pas donné de détails chiffrés mais dans son entourage ils avancent le nombre aux alentours des 4 000.

Le 20 janvier, Donald Trump avait pourtant proclamé que dorénavant, c’était « America First » ( l’Amérique d’abord ). Autrement dit, le pays ne s’aventurerait plus à l’étranger. Mais ce dont Trump oublie c’est que les États-Unis ne sont pas contrôlés par le président mais par l’État profond. Peter Dale Scott, dans son livre « L’État profond américain » décrit un système qui influence et conditionne secrètement et illégalement, les politiques officielles de l’État public à Washington.

L’État profond constitue aujourd’hui un système quasi institutionnalisé dans des agences (comme la CIA et la NSA) qui échappent au contrôle démocratique. Mais il ne se limite pas à ces services secrets, car l’influence d’entreprises privées telles le CMI, les entreprises de Wall Street, de la Silicon Valley et leurs représentants au sein des institutions officielles, le national Security Council, le joint Chiefs of Staff, le Département of Homeland Security et la Fédérale Reserve Bank, Booz Allen Hamilton, la SAIC. Aujourd’hui, 70 % du budget du Renseignement aux États-Unis est sous-traité. Derrière ce système l’influence traditionnelle des banquiers et des avocats de Wall Street sont alliés aux «super-majors », les plus grandes compagnies pétrolières internationales. Les pétromonarchies du golfe Persique, les entreprises de défense états-uniennes et Wall Street ont formé ensemble et progressivement un État profond supranational qui mène des politiques parfois radicalement opposées aux intérêts nationaux des États-Unis, de son peuple et de ses institutions.

Dans les semaines et mois passées, Donald Trump avait menacé la Syrie, la Corée du Nord, le Venezuela et cette fois-ci directement le Pakistan. « Les États-Unis ne peuvent pas rester silencieux plus longtemps sur les refuges, (le Pakistan) aux terroristes », « Le Pakistan a beaucoup à gagner en se joignant à nos efforts en Afghanistan. Il a beaucoup à perdre en continuant à accueillir des terroristes », a-t-il menacé. Or le Pakistan lutte face aux terrorismes comme contre les talibans  » Tehrik-e-Taliban Pakistan  » qui ont revendiqué la plupart des attentats qui ont frappé l’état depuis fin 2007 et causé la mort de plus de 4 000 personnes.

Summum de l’hypocrisie Donald Trump, toujours dans son discours, déclare « A un moment donné, après un effort militaire efficace, peut-être qu’il sera possible d’avoir une solution politique incluant une partie des talibans en Afghanistan ».

Le porte-parole des talibans, Zabiullah Mujahid a répondu à Trump. « Si les États-Unis ne retirent pas leurs troupes d’Afghanistan, l’Afghanistan deviendra bientôt un nouveau cimetière pour cette superpuissance du XXIe siècle. Les dirigeants américains devraient le savoir ».

Note sur l’Histoire de l’Afghanistan durant la guerre froide entre États-Unis et L’URSS. La CIA soutient les Moudjahidines qui se battent face au gouvernement soutenu par l’Union Soviétique. Les troupes Soviétiques se retirent en février 1989 alors qu’ils étaient présents depuis 1978. S’ensuivra la chute de l’URSS en décembre 1991. En réalité la guerre cachait le contrôle de Pipelines qui vivrait d’Inde traverseraient le Pakistan et l’Afghanistan. Aujourd’hui ces projets de pipelines sont connus sous le nom de TAPI (Turkménistan-Afghanistan-Pakistan-Inde) et IPI (pour Iran-Pakistan-Inde).

Pour vivre en paix un pays ne doit pas avoir d’énergie potentielle en son sol et refuser tous projets permettant à celle-ci de traverser son territoire. L’image suivante à elle seule résume cela.

 

FTU