MEDYATURK | Publié le . Mis à jour le

Violences policières envers Hatice Bayezit, une Franco-turque à Charleville-Mézières

violences policières hatice bayezit

Lors d’un contrôle policier le 17 octobre, une famille franco-turque a subi des violences policières à Charleville-Mézières dans l’Est de la France. En effet, dans une interview accordée à Medyaturk Info, Hatice Bayezit, une citoyenne française d’origine Turque explique la mésaventure qu’elle a endurée avec sa cousine Sevim et sa tante.

« Le 17 octobre vers 20H, ma copine et moi voulions nous rendre au restaurant. Or, le contrôle a mal tourné », explique la jeune fille.

Pourtant, tout avait commencé calmement. Ayant oublié sa carte d’identité ainsi que les papiers du véhicule, les filles font appel à leur tante pour qu’elle ramène les documents. « Dès que le policier a vu le nom sur les papiers, il a commencé à faire référence à une ancienne histoire de mon cousin, le frère de Sevim ».

https://twitter.com/nefoisix/status/1317817603667230721?s=20

Les filles n’ont pas apprécié que l’agent de force de l’ordre ressorte une vieille histoire sans lien avec le contrôle actuel. C’est donc à ce moment-là que Sevim le fait savoir au policier. Malgré le rappel à l’ordre, « le policier continuait à se moquer de nous », raconte encore Hatice.

Par la suite, le policier a commencé à être plus brutale et à insulter les filles en disant « ferme ta gueule ». Cette fois, Hatice Bayezit a tenté de calmer la situation expliquant au policier « qu’il n’avait pas à parler comme ça aux femmes et qu’il n’avait pas le droit de dire ‘ferme ta gueule’ ».

Pourtant, le policier devient de plus en plus violent et insulte cette fois la jeune fille en lui demandant de « fermer sa bouche ».

Attitude raciste de la part du policier

Selon les explications de la jeune fille, le policier fait également une remarque désobligeante à Sevim en disant « tu n’es pas dans ton pays, tu ne connais pas les lois ».  Suite à cette remarque raciste, Hatice Bayezit rappelle aux policiers « qu’ils parlent des lois mais eux-mêmes ne respectent pas les règles en ne portant pas de masques ».

Cette remarque ne plaît pas du tout au policier qui se moque également de l’accent de l’oncle qui tente de s’interposer pour calmer la situation.

Le ton monte lorsque les filles demandent aux policiers de parler correctement. « Un policier a commencé à s’approcher de moi alors je lui ai tendu le bras en lui demandant de respecter la distance de sécurité de 1m50, puisqu’il n’avait pas de masque ».

Le policier aurait alors poussé violemment la jeune fille et un autre a commencé à utiliser son gaz à lacrymogène contre sa cousine pour qu’elle ne puisse pas lui venir en aide.

Scène filmée par un passant

Sur une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, on voit effectivement l’échauffourée entre la famille franco-turque et les policiers. D’ailleurs, le témoin qui filme la scène explique à un autre passant que les policiers frappent les filles sans raison.

Dans cette vidéo, on y voit la jeune fille ramasser son portefeuille tombé suite à la bousculade du policier mais un autre agent « très costaud d’1m80-90 » la soulève et la jette sur le sol. Ensuite, ils continuent de faire usage du gaz pour empêcher les filles de se ressaisir.

« Je suis tombée sur mon coude, mon genou et mon menton », raconte Hatice, visiblement encore sous le choc par ce qu’il lui est arrivé.

Hatice Bayezit explique « qu’elle a porté plainte la nuit-même après une heure d’attente au commissariat » avant de se rendre à l’hôpital afin d’obtenir un rapport médical.

Elle ne comprend pas l’attitude agressive et les violences policières qu’elles ont subi elle et sa cousine. D’ailleurs, la franco-turque se demande si ces violences policières gratuites ne sont pas dues à ses origines turques.

Très remontée contre les policiers, elle se décrit comme « fille très gentille qui ne fait pas de mal à une mouche ».

D’ailleurs la jeune fille de 22 ans préside l’association « Children’s Aid in Hospital«  afin d’aider les enfants hospitalisés mais aussi les personnes âgées. Elle ressent cette violence policière comme une humiliation et jure qu’elle ne laissera pas passer cette attitude raciste.

Fatih KARAKAYA