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La Tulipe: objet de la première crise capitaliste au Pays-Bas?

La Tulipe est une fleur originaire d’Asie et popularisée par les turcs. Cette fleur est amenée à la fin du 16ème siècle aux Pays-Bas qui en fera une fleur très prisée et très populaire. Néanmoins, à partir de cette fleur, le capitalisme connaît sa première crise boursière.

Une fleur importée de l’empire ottoman

Cette fleur était très populaire dans le monde turc et dans l’empire ottoman. Elle était beaucoup prisée et faisait parti de la culture ottomane. Le mot tulipe vient du mot « tulband ». Dans le langage populaire la fleur était aussi appelée « tulbend lalesi ». Le mot qui a été retenu par l’ambassadeur autrichien qui a vu cette fleur était tulband et non lale, ce qui explique son nom.

Le couvre-chef du sultan ottoman avait la forme d’une tulipe. La tulipe était très appréciée dans la cour et était devenu un symbole même de la dynastie. Une activité qui existait depuis le 10e s, ebru sanati(l’art d’ebru) partait aussi du principe de dessiner la tulipe.

Le sultan Soliman dit « le magnifique »

Plus tard, au cours du 18e siècle, l’empire ottoman connaît une période appelée « lale devri »(l’ère de la tulipe), une période très développée artistiquement et qui a vu l’empire connaître de vastes changements.

La « crise » de la Tulipe

En 1593, le botaniste flamand Charles de l’Ecluse fait l’acquisitaion de quelques tulipes dans l’empire ottoman et les ramena aux Pays-Bas où, elles s’adaptent sans problème au climat.

À partir de la fin du XVIe siècle, le nord de l’Europe voit se développer un engouement extraordinaire pour les fleurs en général et les tulipes en particulier. On se met à acheter des parts de bulbe d’autant plus facilement qu’on ne règle pas comptant mais à terme : on s’engage dès l’hiver à acheter en été – au moment où il pourra être transplanté -, tel ou tel bulbe, avec l’espoir de le revendre soi-même avec profit.

Un projet discuté à l’automne 1636 et soumis au Parlement l’année suivante prévoit que les contrats n’incluront plus une obligation d’achat, mais ne seront que des options. Ceci pousse les spéculateurs à affluer sur le marché jusqu’à ce jour de février 1637 où les cours s’effondrent brusquement et les acheteurs se trouvent dans l’incapacité d’honorer leurs contrats.

De 1634 à 1637, en trente-six mois, le prix des bulbes augmente de… 5 900 %. Le marché de la tulipe a alors perdu tout lien avec la réalité, la spéculation oubliant ce que l’on nomme le « sous-jacent », c’est-à-dire la tulipe elle-même, et ne pensant qu’aux gains espérés.

Sur la base de quelques compte-rendus d’actualité, Charles Mackay, un journaliste britannique du XIXe siècle, verra dans ce phénomène la première bulle spéculative de l’Histoire, prélude à la faillite de Law ou à la « crise des subprimes »(2008).

 

Par AY