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Gilets Jaunes: les médias menteurs

Le mouvement des Gilets Jaunes est un mouvement social spontané apparu en France en octobre 2018, qui trouve son origine dans la diffusion sur les réseaux sociaux d’appels à manifester.

En France, la mobilisation a pour motivation de départ le rejet de l’augmentation de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE). Elle s’élargit rapidement à d’autres revendications fiscales et sociales (hausse du pouvoir d’achat des classes moyennes et populaires, maintien des services publics, taxe du kérosène et du fioul maritime, rétablissement de l’ISF…), ainsi que politiques (amélioration de la démocratie représentative, notamment par le référendum d’initiative citoyenne, démission du président de la République, Emmanuel Macron…).

À partir du 17 novembre 2018, le mouvement s’organise autour de blocages de routes et rond-points et de manifestations nationales chaque samedi. Massivement soutenue par l’opinion publique, les protestations trouvent un fort écho dans les zones rurales et périurbaines, mais s’étendent aussi aux grandes villes, où des violences provoquent d’importants dégâts matériels et donnent lieu à de nombreuses arrestations. À l’occasion de rassemblements locaux, dix personnes trouvent la mort et plusieurs centaines d’autres sont blessées, plus ou moins grièvement, notamment chez les manifestants.

Pour calmer les Gilets Jaunes, Edouard Philippe propose :

  • Une extension du chèque énergie à deux millions de foyers supplémentaires
  • Le relèvement du barème kilométrique
  • Doublement de la prime à la conversion

Le premier ministre a du mal à convaincre et c’est naturellement que le 10 décembre, Macron est obligé d’intervenir, une intervention qui va lui coûter environ 10 milliards:

  • Augmentation du SMIC 20 euros prévues par la loi + 80 euros  via un versement d’une prime d’activité de 80 euros
  • Défiscalisation des heures supplémentaires
  • Prime exceptionnel de 1000 Euros maximum non obligatoire pouvant être attribuée par l’employeur.
  • Annulation de la hausse de la CSG pour ceux ayant une retraite inférieur à 2 000€, ou 3 330 pour un couple
  • Annulation de la hausse des carburants

Le 19 décembre, Édouard Philippe, en l’espace de deux heures a retourné sa veste : après avoir communiqué  la suppression des mesures annoncées en novembre en faveur des gilets jaunes mais rendues potentiellement obsolètes depuis l’allocution du président de la République, le Premier ministre a reconfirmé leurs maintiens. Le gouvernement a donc cédé renonçant aux 130 millions d’économies que le retrait de ces mesures auraient permis de réaliser.

Le premier ministre qui avait espéré calmer les gilets jaunes en novembre avec 130 millions d’euros se retrouve avec une facture  77 fois plus élevée, environnant les 10 milliards

La colère des gilets jaunes ne faiblit pas, mais  se mue d’un mouvement social vers un mouvement  politique. L’instauration d’un référendum d’initiative citoyenne (RIC) est l’une des revendications. Cette mesure est plébiscitée par une large majorité de Français. 80% des personnes interrogées se disent favorables à ce type de référendum pour proposer une loi.

Macron est donc obligé de céder aux gilets jaunes et envisage un référendum à choix multiples. Le député LREM Sacha Houlié propose que ce référendum se déroule le même jour que les élections européennes, c’est-à-dire le 26 mai prochain, un scénario qui aurait le mérite de limiter l’abstention en incitant les Français à se rendre aux urnes. Le référendum porterait sur 4 grands thèmes, parmi lesquels « l’organisation de l’État » et « démocratie et citoyenneté ». Les questions évoqueraient entre autres; «  le vote blanc, la proportionnelle, le cumul des mandats, le nombre de parlementaires. »

Nous sommes déjà à l’acte 8 du mouvement des gilets jaunes, dans un premier temps, les syndicats ne voulaient pas mouiller leur chemise, car ils ne voulaient pas être tenus responsables des débordements d’une manifestation qu’ils n’avaient pas décidée. En effet, la sécurité des manifestations des syndicats est assurée par des groupes de sécurités rémunérées par eux-mêmes . Si les syndicats avaient assuré la sécurité durant les 8 actes hebdomadaires et autres manifestations locales tout au long des  semaines depuis 2 mois, aujourd’hui leurs caisses seraient dans le rouge.

Étrangement, le gouvernement invite ces mêmes syndicats pour le «grand débat national» qui  débutera  à la mi-janvier et qui durera 3 mois.

Les médias sont des menteurs

Le traitement de l’information censé  être objectif, ne l’est  visiblement pas.  La presse nationale et régionale est unanime : en Une des photos de scènes de chaos, d’incendies et de gaz lacrymogène. Les compte-rendus présentés  sont du même ordre : la description d’une escalade de violence semaine après semaine, destinée à provoquer une inquiétude latente et l’hostiuli  des lecteurs envers les Gilets Jaunes.  Cette présentation des événements justifie par là-même les incessants appels au calme de la part des journalistes et des éditorialistes qui se sont mués en spécialistes des mouvements sociaux en quelques jours – ceux-là même qui s’accordaient à dire avant le 17 novembre que le mouvement des gilets Jaunes allait être étouffé  dans l’œuf.

Quitte à évoquer les violences, nous aurions pu nous attendre à un traitement impartial si les violences policières aussi avaient été mentionnées. Qu’à cela ne tienne ! Lundi 17 décembre, Amnesty International publiait un rapport déplorant un « recours excessif à la force par des policiers ». Ce rapport n’a eu que très peu d’écho par  les médias.

Les médias sont  en accointance avec le gouvernement, avec partialité, ils répètent comme s’ils étaient membres du gouvernement que celui-ci a besoin de « temps » et qu’il faut faire de la « pédagogie » pour que les gens comprennent ce qui se joue. La « pensée complexe» d’Emmanuel Macron n’est pas adaptée aux gilets jaunes.

Dans l’émission C dans l’air, Christophe Barbier déclare que la suppression de la redevance télévision ramènera les gilets jaunes chez eux parce qu’ils regardent beaucoup la télé, n’ayant « pas beaucoup d’autres distractions dans la vie ».

Bernard-Henri Lévy responsable de la guerre en Libye, grand défenseur des « opprimés » se prenant pour  « Che Guevara », demande la révolution sur tous les continents, mais en France, devient  l’opposant le plus farouche des gilets jaunes, apportant son lot d’hastags quotidien.

Pour instaurer la peur chez les Français, la presse n’y va pas de mainmorte, pretendant que les gilets jaunes sont d’extrême droite voir de l’ultra droite, puis de l’extrême gauche ensuite manipulés par les frères musulmans (Laurence Marchand-Taillade affirme sérieusement sur CNews que le mouvement des gilets Jaunes pourrait être un coup des « Frères Musulmans »(sic) qui manipulerait les jeunes Arabes des banlieues…) et pour finir les médias déclarent que l’activisme des «Gilets jaunes» sur les réseaux sociaux pourrait être amplifiée par une ingérence étrangère ? Cerise sur le gâteau , suite à l’attentat de Strasbourg,  la poursuite du mouvement les gilets jaunes serait irresponsable car cela mettrait  en péril la sécurité nationale.

Les médias pro-Macron tentent même de masquer la réalité comme France 3 qui a fait  polémique en diffusant une image retouchée : « Macron dégage » figurait sur la pancarte d’un manifestant que le journal s’est empressé de masquer au montage, pour ensuite invoquer une « erreur humaine indépendant de leur volonté. »

Dans le 12/13 du 17 novembre sur France 3 Aquitaine,  une journaliste déclare que tout se passait  très bien jusqu’à ce que la police intervienne avec des grenades lacrymogènes, est immédiatement  retirée  l’antenne après 24 secondes de prise de parole.

Le 22 décembre, des motards « sont attaqués » par des gilets jaunes, la vidéo circule en boucle sur les chaines infos, mais la vidéo est tronquée, coupée au montage, mais sur  Facebook il est possible de voir l’originale: les policiers jettent des grenades assourdissantes vers les gilets jaunes qui défilaient dans un calme apparent suite à quoi, ils sont chargés.

Quand la peur et la manipulation d’images ne suffisent plus ,la presse continue cette fois en voulant toucher au portefeuille des Français et cible l’impact sur l’économie du mouvement des gilets jaunes, « La France va perdre 1 point de PIB », « Les commerçant ont perdu 25% de leurs chiffres d’affaires », « le chômage pourrait être impacté par les gilets jaunes ».

Les gilets jaunes très loin d’être stupide,  ont très bien vu le jeu des médias. Dans l’acte 7, des milliers de Gilets Jaunes conspuent les médias aux ordres du pouvoir et interpellent les journalistes. En vivant de l’intérieur leur propre mouvement et en constatant la campagne de désinformation éhontée dont ils sont victimes, les gilets Jaunes prennent la mesure de la puissance dont disposent les médias pour taire ou travestir la réalité. Leur rage est double : voir la réalité de ce qu’ils vivent en direct depuis plusieurs semaines travesti , mais aussi, de manière plus générale, de comprendre que les lecteurs et les auditeurs sont abusés continuellement. Ils sont d’autant plus reconnaissants à la grande majorité de la population de continuer à les soutenir malgré cette virulente campagne de désinformation, mais aussi d’autant plus enclin à interpeller les journalistes.