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La Livre turque, réalité et fiction

En 2017, la Turquie est la première puissance économique du Moyen-Orient devant l’Iran et l’Arabie saoudite, la 7e puissance économique d’Europe et la 13e puissance économique mondiale. Membre du G20 et de l’Union douanière.

La Turquie, affiche de très bons chiffres +9,1 % en 2010, +11,1 % en 2011, +4,8 en 2012, 8,5% en 2013, +5,2% en 2014, +6,15% en 2015, connaît un net infléchissement de son taux de croissance +2,9 % en 2016, en cause le putsch avorté du 15 juillet, +7,4 % en 2017 (+11,1 % au troisième trimestre) et un taux de +7,4 % au premier trimestre 2018.

Les investissements sont importants, ces derniers représentent une part importante du PIB en 2010 (20 %14 contre 17,3 % en Allemagne)

L’économie turque est une économie relativement ouverte. Les échanges extérieurs représentent 48 % du PIB contre 22 % au Brésil et 88 % en Allemagne. L’Union européenne est le premier partenaire commercial du pays.

Qu’est ce qui ne va pas alors avec l’économie turc ?

L’infrastructure de production

La structure de la production de la Turquie est caractérisée par une surreprésentation de l’industrie et de l’agriculture et une sous-représentation des services. La Turquie est un pays industriel où l’agriculture occupe une place importante dans la production de la richesse nationale. La valeur ajoutée de l’industrie représente 26,6 % du PIB contre 63,7 % pour les services et 9,6 % pour l’agriculture.

La Turquie exporte beaucoup mais ses efforts en matière de recherche et développement sont (0,73 % du PIB en Turquie contre 2,68 % pour l’Allemagne).

La Turquie doit se développer en exportant des produits à forte valeur ajoutée pour retrouver un équilibre de sa balance commerciale (les exportations de produits de haute technologie représentent que 1,93 % des exportations de biens manufacturés en Turquie contre 11,2 % pour le Brésil et 15,2 % pour l’Allemagne.

La Turquie a énormément modernisé son industrie militaire

L’industrie de la défense nationale turque est l’ensemble des activités humaines tournées vers la production militaire pour l’État Turc. Le matériel militaire de la Turquie comprend un large éventail d’armes, de chars, d’avions, de canons et de véhicules blindés. Plusieurs de ces produits sont exportés.

L’industrie militaire turque est née après la guerre de Chypre, après un développement moindre dans les années 1980, depuis la fin des années 1990, l’industrie a pris un élan dans la conception et dans la recherche et développement.

La Turquie devra passer d’un pays agricole et industriel, à un pays de l’industrie 4.0 et des services.

L’inflation et le taux d’intérêt

L’inflation est de 11,9 % en 2017, tandis que la livre turque, de 0,5 euro en 2011, s’effondre à 0,22 euro en février 2018, ce qui renchérit la dette de 450 milliards de dollars aux créanciers étrangers, dont 276 milliards en euros et dollars.

Les taux d’intérêt, en Turquie, sont passés de 6 %, en 2013, à 12 %, en 2018. Les taux américains ainsi qu’européens pour les dettes des entreprises libellées en devises étrangères sont, eux aussi, en augmentation rapide. 170 milliards de dollars doivent être remboursés en 2018. La dette extérieure, qui représentait 39 % du PIB en 2012, s’élève aujourd’hui à 42,4 % du PIB.

Après le putsch avorté du 15 juillet 2016, Ankara veut stimuler l’économie. Le gouvernement a donné sa garantie à quelque 60 milliards d’euros de crédits, qui ont bénéficié majoritairement à des PME. Ce qui est très qui a permis de passer d’une croissance +2,9 % en 2016 à une croissance +7,4 % en 2017. L’État a lui-même octroyé des prêts à taux zéro aux PME.

Les « spécialistes » souhaitent que la banque centrale augmente ses taux d’intérêt pour empêcher les entreprises d’emprunter, mais ils oublient ne dirent que ces taux sont déjà plus élevés que les autres banques centrales.

Le problème réel a été l’attaque de la monnaie, la livre turque. La monnaie, a perdu cette année plus de 40 % de sa valeur face au dollar et à l’euro, donc même si certaines entreprises ont emprunté à taux zéro elles devront rembourser car ces entreprises gagnent de l’argent en Livre et remboursent en devise étrangère.

 

Fatih Tufekci