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Le drame palestinien : symbole de l’échec humain

Palestinien de Gaza

En dehors des guerres de croisade, jamais les terres de Palestine n’avaient connu autant de souffrance que depuis la création d’Israël.

Nombreux sont les drames à travers le monde qui se déroulent au vu et au su de tout le monde. Mais de part sa répétition sans fin, son intensité, sa brutalité et surtout son impunité, le drame qui se déroule dans les territoires occupés de Palestine reste très certainement le symbole de toutes les injustices imaginables subies par un peuple. Il est aussi le miroir d’un monde à la dérive, où s’affrontent d’un côté l’opprimé avec ses moyens dérisoires et la tyrannie de l’autre, dotée des technologies les plus avancées.

Est il possible d’aborder ce sujet sans faire un état des lieux vécu par le peuple palestinien ?

Imaginez …

  • Un peuple qui n’a pas les mêmes droits que l’occupant
  • Un peuple qui n’est pas reconnu sur son propre sol
  • Un peuple à qui on donne un permis de travailler sur son propre sol
  •  Un peuple qui, même s’il a un permis de travailler, doit passer tous les jours d’innombrables checkpoints pour se rendre à son travail.
  • Un peuple qui doit prendre une file distincte dans ces checkpoints car musulman, les autres étant réservées aux occupants et aux venus de l’étranger.
  •  Un peuple qui se rend au travail chaque jour avec la boule au ventre de peur d’être la énième victime d’un colon.
  • Un peuple qui n’a pas d’électricité et d’eau courante et qui est tributaire de l’humeur de l’occupant pour en fournir au mieux 2 heures par jour.
  • Un peuple qui, à tout moment, peut être exproprié de son propre domicile au bénéfice d’un colon venu du Canada ou d’ailleurs car il a la bonne croyance.
  • Un peuple, qui pour échapper à cet enfer, se réfugie dans sa foi mais auquel on ne veut pas accorder un moment de sérénité en salissant ses lieux de cultes et en l’interrompant dans son recueil à coup de botte militaire.
  • Un peuple qui pour certains de ses enfants n’ont connu que l’apartheid, le sang et les larmes.
  • Un peuple qui ne peut commercer avec le reste du monde et dont les aides humanitaires sont ,  dans le meilleur des cas, triés par l’occupant quand elles ne sont pas confisquées.

Maintenant, arrêtez d’imaginer et allumez votre télé …

Vous verrez que ce peuple est décrit comme étant la source du problème, le terroriste qui a osé se défendre. De plus, vous verrez des misérables qui tentent laborieusement de montrer l’oppresseur comme opprimé et l’opprimé comme étant l’oppresseur. Vous verrez l’hypocrisie et la cupidité dans toute sa splendeur dans la bouche de journalistes, politiciens ou  pseudo experts prendre position aux côtés du plus fort en accusant tout un peuple de terroriste.

Quelles sont les solutions ?

Elles sont multiples mais semblent si utopiques.

La meilleure des solutions et la plus facile à mettre en œuvre, serait une prise de conscience de l’occupant en donnant ses droits au peuple palestinien si longtemps confisqués, en respectant le droit international, en se pliant aux dizaines de résolutions  de l’ONU.

Mais tout tente à croire que cette attente est vaine, Israël ne veut pas la paix car le statu quo profite à Israël ! Ce statu quo, ou du moins cette impunité,  lui permet de grignoter chaque jour centimètre par centimètre sur les territoires encore sous administration de « l’autorité » palestinienne et dans les quartiers arabes de Jérusalem.

La communauté internationale ?

Comme évoqué ci-dessus, l’ONU vote des résolutions mais après ? Après rien, car à l’ONU 5 pays disposent du droit de véto, parmi lesquels les États Unis. A chaque vote contre Israël, une main se lève tel un automate qui n’aurait qu’un bras articulable. Ne dit-on pas qu’Israël est le 53ème état des États Unis ? Malheureusement l’ONU comme tel,  est impuissant et a besoin  d’une profonde réforme, chose qui semble impossible sans le consentement de ces mêmes 5 pays.

Les organisations islamiques et arabes ?

Même si les peuples arabes, et musulmans en général, sont profondément sensibles au sort des palestiniens, est-il nécessaire d’abordrer ce sujet quand on sait que la grande majorité de ces pays sont dirigés par des dictateurs sans réelle légitimité ? Ces dictateurs doivent leurs statures, non à leurs peuples, mais uniquement au consentement de puissances étrangères proches d’Israël.

Pourquoi parle-t-on d’« Enclave de Gazza » alors qu’elle a une frontière avec l’Égypte ?  L’Égypte pourrait être une bouffée d’oxygène pour Gaza, pourquoi le point de passage de Rafah reste fermé ? Comment ne pas croire à un rôle d’Israël dans le coup d’état contre Morsi, premier président égyptien démocratiquement élu et qui avait annoncé l’ouverture totale de Rafah ?  Ce même Morsi qui avait préconisé la révision des accords de paix avec Israël.

Que dire des pays tels que l’Arabie Saoudite ou des Émirats Arabes Unis et le Bahreïn ? Outre la normalisation avec Israël, ces pays dont le capital sympathie est au plus bas dans le monde arabo musulman, surprennent chaque jour par leurs prises de position ouvertement en faveur d’Israël.

Que peut on attendre de ces royaumes dirigés par des familles dont le seul souci est de se maintenir au pouvoir et dont les sensibilités de leurs peuples respectifs sont le dernier souci ? Par ailleurs, quelle crédibilité aurait un pays comme l’Arabie Saoudite qui massacre sans distinction la population yéménite ? (Un autre drame passé sous silence).

Les démocraties musulmanes ?

Même si elles sont peu nombreuses, certains pays démocratiques  à population majoritairement musulmane comme la Turquie, le Pakistan, la Tunisie, l’Indonésie, la Malaisie ou encore l’Algérie, peuvent jouer un rôle pour faire cesser le drame palestinien. Même si ces pays sont sincères dans leur attachement à la cause palestinienne, il n’en demeure pas moins qu’ils sont rattrapés par la realpolitik. Aucun de ces pays ne se risquerait à une aventure dans laquelle il se risquerait d’en sortir affaiblie. En résumé, seul un monde arabo-musulman fort et débarrassé de ses dictateurs pourrait éventuellement faire pression d’une voix commune sur Israël, notamment en le boycottant.

Les citoyens du monde ?

Après ce tableau très pessimiste que je viens de dresser, comme bien souvent, la solution pourrait résider dans l’initiative individuelle de chaque citoyen du monde. Vous l’aurez deviné, cette arme ne fait pas grand bruit, ni de victime mais est redoutée plus que tout par le dernier pays au monde à pratiquer l’Apartheid.

Il s’agit évidemment du boycott des produits israéliens, et plus particulièrement des produits venants des colonies israéliennes. Ce n’est pas un hasard si les associations, telles que BDS, sont harcelées et qu’on cherche à les interdire malgré le droit international.

Ce qui nous emmène à la France et aux réseaux pro israéliens

Il n’aura échappé à personne qu’en France, le lobby israélien a pignon sur rue sans que cela ne dérange personne, et encore moins le pouvoir, qui  pourtant est en plein débat sur le Séparatisme, le Communautarisme ou encore de prétendues Ingérences dans la politique française.

N’est il pas extraordinaire d’avoir de tels débats quand le Maire de Nice hisse le drapeaux israélien sur le fronton de sa mairie ?

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Ne sommes nous pas en droit de se poser des questions quand un député, censé être français, est d’avantage préoccupé par la politique israélienne que française, et qui vocifère à l’Assemblée Nationale quand un député communiste prend la parole pour dénoncer les exactions d’Israël ? 

La politique française

N’est il pas contradictoire qu’un ancien Premier Ministre qui donne des leçons de loyauté, se présente à des élections municipales en Espagne ? puis déclare sa flamme éternelle à Israël ? Et ensuite signe une tribune en soutien à Israël sans avoir un seul mot pour les victimes palestiniennes et où les soutiens à la cause palestinienne sont assimilés au terrorisme ?

Bien que très logique en soi, était il imaginable qu’un jour le FN de Le Pen père, aurait des affinités , voir plus, avec le mouvement sioniste une fois avoir passé le flambeau à Le Pen fille ?

Que dire aussi de l’immunité et de l’impunité sur le sol français,  dont jouissent les groupuscules tels que la LDJ ou le Betar, se livrant à des expéditions punitives, à la limite du paramilitaire, au service d’Israël ?

Après tout cela, faut il s’étonner que Paris soit la seule capitale du monde dit démocratique, à avoir interdit une manifestation en soutien à la Palestine ? et ce pour des raisons fallacieuses remontant à 2014.

Tout cela démontre, une fois de plus, que le palestinien est la victime qu’on se refuse d’entendre parler et le musulman  l’arbre avec lequel on veut cacher la forêt.

BM